
Une journée à Majorque
George Sand, dans son Best seller « Un hiver à Majorque », décrit la plus grande îles des Baléares comme un paradis terrestre. Doutons que les 7 équipages en lice dans The Ocean Race Europe partageaient hier cet émerveillement ! Louvoyage face à un souffle d’Est Nord Est anémié, bulles déventées, arrêts buffet et pour certains, marche arrière, ont scandé la première journée de course vers Nice via la Giraglia.
Biotherm s’y est montré comme il le fait depuis le départ de Kiel, à son avantage, habile à enchainer dans le bon tempo les virements de bord, avec un Holcim PRB accroché à son tableau arrière.
Allagrande Mapei a retrouvé, dans un exercice similaire, son adversaire du leg 2, l’IMOCA Malizia de Boris Herrmann qui a comme lui cherché toute la journée à limiter les dégâts. Des pertes en distance un moment avoisinant les 30 milles, que les deux voiliers sont parvenus à juguler à l’aube, profitant aux premières heures du jour d’une bascule et d’un renforcement du vent au Nord Nord Est.
Preuve de la vigilance et de la réactivité des équipages, les speedomètres ont brièvement renoué avec des vitesses à plus de … 25 noeuds. Suffisamment longtemps pour revenir à une vingtaine de milles des deux leaders. Une petite dépression se réactive dans le golfe du Lion, et Thomas, Ambrogio, Morgan et Abby vont tenter ce jour d’accrocher en son Sud des vents portants de secteur Nord puis Ouest, qui favoriseraient grandement leur progression à bonne allure vers le rocher de la Giraglia, au Nord de l’île de Beauté.
D’une île à l’autre, de paradis en paradis, Allagrande Mapei déjoue les subtilités de la Med, sus aux apparemment intouchables leaders, qu’un renforcement du vent pourrait cependant mettre à la merci de l’équipage Franco-Britannico-Italien d’Allagrande Mapei, plus à l’aise dans le vent medium. A 350 milles de l’arrivée prévue demain matin, le jeu demeure plus que jamais ouvert et indécis.
© Pierre Bouras