
Yoyo
On appelle cela le jeu du yoyo ou de l’élastique, quand un bateau vient buter dans une molle, permettant à son poursuivant de se rapprocher, pour mieux redécoller avec l’arrivée du vent, quand ce même adversaire reste à son tour scotché, voyant avec désappointement repartir à la hausse des écarts si chèrement réduits. C’est le scénario qu’a vécu hier toute la journée l’équipage d’Allagrande Mapei, revenu en début de soirée à moins de 20 milles du postulant au podium de cette deuxième étape de The Ocean Race Paprec Arkea. Le bateau piloté par Yoann Richomme est depuis parvenu à s’arracher de la baie déventée d’Almeria pour aller cueillir ce matin les points de la troisième place, derrière un Biotherm apparemment intouchable depuis le départ de Kiel.
Ambrogio Beccaria, Thomas Ruyant, Manon Peyre et Morgan Lagravière avaient pendant ce temps connu les affres de la plus noire des pétoles, littéralement scotchés de longues heures à quelques encablures des côtes Andalouses, dans l’attente d’un vent thermique qui jamais ne se leva. La pression était alors à son paroxysme tant leur adversaire direct, Malizia, bien que subissant le même sort, menaçait à tout moment de s’échapper dans un aléatoire mais toujours possible filon de vent salvateur. Ce n’est qu’en milieu de nuit qu’Allagrande Mapei touchait enfin, et avant le voilier aux couleurs du Yacht Club de Monaco, un flux d’Est Nord Est qu’il exploitait à son avantage pour filer plein Est, au près, avec une poignée de milles d’avance. Le match race entre ces deux Imocas va se poursuivre toute la matinée à une cinquantaine de milles de Cartagena. Du déclenchement d’opportuns virements de bord face au vent dépend l’issue de ce pas de deux éminemment important pour Allagrande Mapei, privé , on son souvient, de la première étape, et qui accueillerait avec bonheur les 4 points de cette place d’honneur au pied du podium Carthaginois.
© Pierre Bouras