
C’est une flotte toujours très compacte de foilers étirée sur moins d’une dizaine de milles qui va toute la journée jouer avec les petits air de l’archipel des Baléares. Biotherm ouvre ce matin la voie au ras des rivages d’Ibiza et donne le tempo d’une régate au contact sous très haute tension. La flotte évolue depuis le départ dans un vent plus ou moins régulier calé au Nord Nord Est pour une dizaine de noeuds. Pas de quoi affoler les compteurs, ni permettre aux grands foilers de planer sur une mer pourtant idéalement plate.
Chacun s’attache à enchainer les virements de bord dans le meilleur des timings pour grappiller des hectomètres sur la concurrence, tout en se ménageant le meilleur angle au vent pour progresser efficacement vers les rivages Français et Nice, distants ce matin de plus de 500 milles. Peu de coups à jouer pour Allagrande Mapei souvent pointé cette nuit en 3ème ou 4ème position.
A vitesse égale entre les IMOCAs, c’est bien la justesse des trajectoires qui fait la différence. Thomas et Ambrogio y veillent en permanence, attentifs à optimiser chaque bord. Le louvoyage va se poursuivre toute la journée, et ce n’est que passée la grande île de Majorque, du côté de Minorque, qu’en prenant un peu de droite, le vent autorisera les marins à ouvrir un peu les voiles pour accélérer travers au vent, cap sur la Giraglia, ce rocher qui marque la pointe la plus septentrionale de la Corse et que les concurrents contourneront sur bâbord avant le sprint final vers Nice et la Baie des Anges.
© Pierre Bouras